Sylvain Tesson croque la vie et la mort dans son livre « Noir, textes et dessins », une réflexion sur la guerre en Ukraine et comment il a échappé à la mort.

« Je n’aime pas la mort. Mais je sais ce que je lui dois. Sans elle, la vie serait synonyme de l’ennui. La mort nous interdit de prendre la vie à la légère. Ce n’est pas son moindre mérite. C’est pour cela que je dessine pendus & suicidés depuis trente ans. Pour me rappeler qu’au bout du chemin, il n’y aura pas la possibilité de remettre une pièce dans la machine. Il a accordé un entretien à l’hebdomadaire Le Point** dans l’édition de ce jeudi 28 avril.

J’ai couvert des centaines de feuilles. Sur les routes, dans les cabanes, à bord des bateaux, je griffonnais. J’ai cinquante ans aujourd’hui, la mort m’a plutôt épargné, preuve que ma méthode était la bonne.

Ces dessins ne trahissent aucun goût pour le macabre : Au contraire, les petits pendus de mes carnets me sourient et me serinent en latin (la mort parle toujours le latin) : memento mori. Souviens-toi que tu es mortel. Dans le brouhaha d’une vie en fête, dans le contentement de soi et dans le désordre de nos heures, on aurait tendance à l’oublier. C’est un tort. »
Sylvain Tesson

Date de parution : 04 mai 2022

Édition Beau livre, 25,00 €
https://www.albin-michel.fr/nouveautes

** ENTRETIEN. À l’occasion de la sortie de « Noir, textes et dessins », l’écrivain se livre à une réflexion sur la mort, la guerre en Ukraine et les Gafam.

Sylvain Tesson : << Le slavophile que je suis est malheureux >>

Propos recueillis par Sébastien Le Fol et Saïd Mahrane
Publié le 28/04/2022

On râle, on casse, on consomme, on juge, on pollue, on jalouse, en oubliant un attribut capital de notre existence : la mort. Est-ce l’oubli de cette fin universelle qui conduit l’homme, et d’abord l’Occidental, à ces travers permanents ? Ou est-ce la perspective d’une vie multiséculaire promise par la science ? Ou encore la mort de Dieu, qui obstrue l’horizon ? À la suite d’une chute en 2014, Sylvain Tesson a failli mourir. Depuis, il croque la vie et croque la mort, avec un crayon qui dessine des trépassés et non des phrases de récit de voyage. Dans un préambule à son recueil de dessins chez Albin Michel*, l’écrivain nous rappelle à notre sort : « L’homme se croit immortel. C’est sa grandeur, c’est sa faiblesse. Négligeant l’inéluctable, déniant le fait que tout se joue dans un sursis…

A lire sur Le point.fr
https://www.lepoint.fr/editos-du-point/sebastien-le-fol/sylvain-tesson-le-slavophile-que-je-suis-est-malheureux-28-04-2022-2473660_1913.php

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