Cette interrogation stupéfiante n’a rien de trompeur . Elle est le croisement de trois faits marquants survenus ce premier semestre 2026 : Premièrement la révélation en avril par l’économiste Adrien BILAL (lauréat 2026 du prix du meilleur jeune économiste**) , dont les études prévoient « qu’un seul degré de réchauffement provoque une perte de 20% de PIB et…de 50% de la croissance mondiale d’ici 2100 ». Un choc redoutable pour les décideurs, les élus et les citoyens du monde entier. Mais une antidote au défaitisme pointe dans le livre « Economie et climat, le faux dilemme »
https://www.deboecksuperieur.com/livre/9782807377325-economie-et-climat-le-faux-dilemme
Deuxièmement, la France se réchauffe plus vite que le reste de la planète selon la modélisation du climat hexagonal d’ici 2100 réalisé par Météo France et révélé en février 2025. La température moyenne annuelle culminerait alors à 14,2 degré C. Cette projection est très incitative pour mener une stratégie de décarbonation nationale afin de réduire l’impact localement. Et elle constitue une réponse à toutes les croyances selon laquelle « Pourquoi je ferais des efforts chez moi alors que les chinois polluent plus que nous ». En définitive c’est bien sur notre territoire national que tout se joue.
Troisièmement l’annonce par le Ministère de l’économie, en septembre que la canicules et la sécheresse coûteront 0,1 point de PIB en 2026. Ce qui démontre à l’échelle nationale, les révélations du professeur d’économie de Stanford** à l’échelle mondiale. Et par conséquent, la nécessité d’adopter des politiques publiques de décarbonation. Explications avec deux interviews d’Adrien BILAL dans Ouest-France (écrit) et sur France Culture (audio) et la présentation du livre intitulé Économie et climat, le faux dilemme (éditions De Boeck Supérieur) par l’économiste Raphaël Boroumand et la dirigeante Myriam Maestroni.
La canicules et la sécheresse coûteront 0,1 point de PIB (produit intérieur brut) en 2026, estime Bercy.
Le ministère de l’Economie considère que les vagues de chaleur et la sécheresse, qui ont considérablement affecté certaines récoltes, devraient entraîner une baisse de la production agricole française de 8%, de l’ordre de la moitié de celle observée lors de la canicule de 2003. La valeur ajoutée agricole avait alors reculé d’environ 15%.
Cette estimation a été donnée par la Direction générale du Trésor lors d’une audition mercredi par la mission parlementaire « flash » sur le coût de la canicule, présidée par le député Eric Coquerel (LFI), président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale.
Selon les premières données disponibles, les vagues de chaleur et la sécheresse de 2026 « ont considérablement affecté certaines productions agricoles, en particulier le maïs avec -35% de production prévue en 2026 par rapport à 2025 », tandis que « les prairies sont également très touchées, avec une pousse cumulée inférieure d’un tiers à la normale au 10 août, qui réduit les disponibilités en fourrages », estime Bercy.
S’ajoutent à ces effets des canicules sur l’agriculture ceux du conflit au Moyen-Orient, qui ont impacté l’agriculture via la hausse du prix du gaz, qui renchérit le coût des engrais azotés, et les perturbations du commerce mondial d’engrais, précise Bercy. Les canicules ont eu aussi « de nombreux autres effets sectoriels et localisés », hors agriculture, mais dont « les effets au plan macroéconomique devraient être plus limités », ajoute le ministère de l’Économie.
« Les données conjoncturelles disponibles ne font pas apparaître, à ce stade, de décrochage généralisé de l’activité », estime-t-il.
La ministre de la Transition écologique Monique Barbut avait indiqué mi-août que les canicules à répétition de l’été pourraient coûter à la France « de l’ordre de 10 à 15 milliards d’euros de coûts directs et indirects ».
Source : AFP
L’économiste Adrien BILAL : « Un seul degré de réchauffement provoque une perte de 20% de PIB et de 50% de la croissance mondiale d’ici 2100 ». (interview dans Ouest-France)
Adrien Bilal, lauréat du prix du meilleur jeune économiste : « Le réchauffement climatique ne fera que des perdants »
Les effets économiques du réchauffement climatique seront dilués dans le temps, mais de même ampleur que la crise de 1929. Et d’ici à 2100, ils seront six à sept fois plus graves que ce qu’on estimait jusqu’à présent. C’est la conclusion des travaux d’Adrien Bilal, qui vient de recevoir le prix du meilleur jeune économiste 2026 organisé avec le journal Le Monde. Dans une interview à Ouest-France (19 avril 2026), il explique que contrairement à ce qu’on pensait, il n’y aura aucun gagnant, seulement des perdants, même dans les pays riches.
Source :Ouest-France
André Thomas Publié le 19/04/2026
Quelles ont été les grandes étapes de votre parcours ?
AB : J’ai grandi à Paris et, pour la petite histoire, ma compagne est de Rennes. J’ai commencé par des études de maths et de physique. Puis, alors que j’étais à Polytechnique, on ne parlait que de la crise de la dette souveraine. J’ai voulu mieux comprendre et me suis tourné vers l’économie. Cela m’a beaucoup plu d’appliquer aux questions sociétales, aux politiques publiques et au changement climatique, la méthode scientifique telle qu’on l’utilise en physique.
Après Polytechnique, vous avez fait un master d’économie à la Paris School of Economics, puis vous êtes parti aux États-Unis, pourquoi ?
AB : En effet, j’ai fait ma thèse à Princeton, près de New York, puis j’ai passé un an de postdoctorat à Chicago. J’ai ensuite pris mon premier poste à Harvard, à Boston, et je suis maintenant à Stanford, en Californie. J’ai fait le choix des États-Unis car, même s’il y a d’excellentes formations en économie en France, j’avais envie de partir à l’aventure. Et aux États-Unis, parce qu’en économie, c’est là qu’existe une forte concentration de la recherche. C’est encore plus marqué que dans d’autres disciplines comme les mathématiques et la physique.
Nous avons mieux pris en compte des phénomènes comme les vagues de chaleur extrêmes, les inondations, les sécheresses, le réchauffement des océans, qui a lui-même des implications profondes sur l’évaporation, les pluies, les tempêtes côtières.
Les travaux pour lesquels vous êtes primé montrent qu’en 2100 le réchauffement climatique aura un impact négatif sur l’économie six fois plus important que les évaluations antérieures. Ainsi, il pourrait réduire de moitié la croissance mondiale d’ici à 2100. Comment êtes-vous arrivé à cette conclusion ?
AB : Dans les analyses précédentes, on comparait les trajectoires de croissance de pays entre eux, par exemple la France et l’Allemagne, en fonction des années plus ou moins chaudes pays par pays. On s’est ainsi focalisé sur l’impact de la température d’un seul pays sur sa propre activité économique.
Avec mon collègue Diego Känzig, nous avons pris du recul et avons adopté la perspective géophysique qui est aussi celle des climatologues, selon laquelle le réchauffement est une transformation intégrale du système climatique. On s’est donc penchés sur les effets de la température globale. Cela va beaucoup plus loin que l’évolution de la température moyenne sur une année dans un pays. Nous avons mieux pris en compte des phénomènes comme les vagues…
** Le Français Adrien Bilal a reçu le prix du meilleur jeune économiste 2026, décerné par le Cercle des économistes et le journal Le Monde. Après avoir été reçu major à l’École polytechnique, il a étudié à l’École d’économie de Paris (Paris School of Economics, PSE). Puis il a poursuivi sa formation dans les plus grandes écoles américaines : Princeton, Chicago, Harvard et Stanford, où il enseigne.
LE LIVRE : Comment réconcilier économie et climat?
Publié le : 03/09/2026 – 11:45
Les catastrophes liées au réchauffement climatique se succèdent et l’effet sur l’économie est non négligeable. Elles devraient coûter 450 milliards de dollars par an en moyenne, plus de la moitié de ces pertes ne sont pas assurées selon la société Verisk.
Le climat est devenu un enjeu économique majeur. C’est la thèse développée par l’économiste Raphaël Boroumand et la dirigeante Myriam Maestroni dans leur ouvrage intitulé Économie et climat, le faux dilemme, aux éditions De Boeck Supérieur.
https://www.deboecksuperieur.com/livre/9782807377325-economie-et-climat-le-faux-dilemme
« Économie et climat, le faux dilemme », paru aux éditions De Boeck Supérieur, est l’ouvrage de Raphaël Boroumand et de la dirigeante Myriam Maestroni. Dans ce livre, ils répondent à la question : comment concilier économie, climat et souveraineté industrielle ?
Le coût de l’inaction climatique est nettement supérieur à celui de l’action climatique.
Selon les travaux de l’économiste Adrien Bilal, professeur à Harvard, regarder les impacts pays par pays ne suffit pas. Il faut considérer la hausse mondiale des températures et mesurer ses effets sur l’ensemble de l’économie. Résultat : les impacts seraient bien plus importants que prévu, avec une hausse de 1°C des températures, le PIB mondial pourrait chuter de 20% à long terme, certaines estimations parlent même de 50%. Si ces chiffres doivent être pris avec prudence, ils soulignent un point essentiel : la lutte contre les changements climatiques est un enjeu économique majeur et il est contre-productif d’opposer les deux. C’est ce que défendent l’économiste Raphaël Boroumand et la dirigeante Myriam Maestroni dans leur ouvrage : Économie et climat, le faux dilemme.
Croissance sobre
Ils y développent le concept d’une croissance sobre et décarbonée. Leur point de départ, c’est que le débat est aujourd’hui confisqué par deux positions extrêmes : d’un côté une certaine forme de déni climatique et un modèle productiviste qui refuse de changer, et de l’autre les partisans d’une décroissance généralisée présentée comme seule solution. Les auteurs estiment qu’il existe une troisième voie, et qu’il faut décorréler croissance et émissions de CO2 car, ce n’est pas la croissance qui pollue, c’est la manière dont on produit l’énergie qui la sous-tend. Et l’on peut agir sur trois leviers sans toucher au niveau de vie : la fiscalité carbone, l’investissement et l’innovation. C’est un déplacement du débat moral vers celui de l’action.
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