Congrès WAN-IFRA : Les entre­prises d’IA « volent les médias » dénonce le président et propriétaire du New York Times à Marseille.

Conscient de la menace des plateformes d’IA face aux médias éditoriaux, la plupart des éditeurs de presse participants à la conférence mondiale WAN-IFRA souhaitent « travailler » avec les acteurs de l’IA. Contrairement à cette approche bienveillante,  le patron du New York Times a lancé le 1er juin un réqui­si­toire viru­lent contre ces entre­prises d’intel­li­gence arti­fi­cielle, accu­sées de « vol effronté de contenus d’informations et de pro­priété intel­lec­tuelle. Point de vue d’ Arthur Gregg Sulz­ber­ger, pré­sident du New York Times publié par Le quotidien du Québec avec l’AFP. Une prise de position salutaire ?

Arthur Gregg Sulz­ber­ger, dont la famille est pro­prié­taire du New York Times depuis des géné­ra­tions, s’est exprimé dans le cadre du congrès mon­dial des médias**, hier, à Mar­seille.

AFP | Le patron du New York Times a lancé un réqui­si­toire viru­lent contre les entre­prises d’intel­li­gence arti­fi­cielle, accu­sées de « vol effronté de pro­priété intel­lec­tuelle » et de menace pour le jour­na­lisme, hier, à Mar­seille lors d’un congrès mon­dial des médias, inquiets pour leur modèle éco­no­mique.

« Les géants de la tech pillent les sites d’infor­ma­tion sans auto­ri­sa­tion ni com­pen­sa­tion. Ils se réap­pro­prient ces conte­nus volés comme s’ils en étaient les auteurs, détour­nant ainsi l’audience et les reve­nus » des sites d’infor­ma­tion, a lancé, lors d’un dis­cours très applaudi, le pré­sident et direc­teur de publi­ca­tion du pres­ti­gieux jour­nal new-yor­kais, Arthur Gregg Sulz­ber­ger. Devant des patrons de jour­naux et sites d’infor­ma­tion du monde entier, le diri­geant à la parole plu­tôt rare en a fait un enjeu de démo­cra­tie.

Un péril pour la démocratie

« Le résul­tat, c’est qu’on va vers un ave­nir où il y aura de moins en moins de jour­na­listes pour accom­plir le tra­vail coû­teux et dif­fi­cile que repré­sente le repor­tage d’inves­ti­ga­tion », a mis en garde Arthur Gregg Sulz­ber­ger, dont la famille est pro­prié­taire du jour­nal depuis plu­sieurs géné­ra­tions.

Alors que le New York Times règne sur la presse amé­ri­caine avec plus de 13 mil­lions d’abon­nés à ses pro­duits papiers et numé­riques, grâce notam­ment à une forte diver­si­fi­ca­tion, les États-unis ont perdu jusqu’à 3000 titres de jour­naux (NDLR: principalement locaux) depuis deux décen­nies, a rap­pelé son patron.

Son dis­cours offen­sif a fait écho aux inquié­tudes des édi­teurs de presse, réunis à l’occa­sion du 77e congrès de leur asso­cia­tion mon­diale, WAN-IFRA***, au palais du Pharo à Mar­seille.

Déjà concur­ren­cés par les réseaux sociaux, les médias voient leur modèle éco­no­mique fra­gile mis sous pres­sion par les agents conver­sa­tion­nels comme CHATGPT (Ope­nai). Ces der­niers répondent direc­te­ment aux demandes des uti­li­sa­teurs, grâce aux modèles D’IA qui se nour­rissent sur inter­net, notam­ment des conte­nus de presse, rédui­sant par consé­quent le tra­fic vers les sites d’infor­ma­tion.

Après l’arri­vée d’inter­net et des réseaux sociaux, « nous sommes de nou­veau à un moment cru­cial dans l’his­toire des médias», a déclaré à L’AFP Ladina Heim­gart­ner, pré­si­dente de WAN-IFRA et direc­trice géné­rale du groupe suisse Rin­gier Médias. « On a une perte de valeur qui est inac­cep­table», mais on ne pourra «avan­cer qu’en dia­lo­guant avec les entre­prises de la tech », a-t-elle estimé.

Source: Le Journal du Québec avec l’AFP
*** Congrès mondial WAN-IFRA, du 1er au 3 juin 2026:
ApprofonLire.fr

 

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