
La ville de Saintes (Charente-Maritime) va instaurer une taxe sur les logements vacants. · Capital ·Pbombaert/Adobe Stock
Laisser un logement vide va bientôt coûter beaucoup plus cher aux propriétaires de cette ville
De plus en plus de municipalités serrent la vis face aux logements vacants. Pour rappel, tout logement est considéré comme vacant dès lors qu’il est libre de toute occupation pendant au moins une année et est occupé moins de 90 jours par an. Mais cette taxe n’est pas instaurée partout. Elles le sont principalement dans de grandes villes où la demande de logement est particulièrement élevée, comme Marseille, Lyon ou Paris.
La ville de Paris a confirmé de doubler cette taxe sur 150 000 logements vacants à partir de 2027.
Mais de plus petites villes s’y mettent. C’est le cas de Saintes, explique France 3 Nouvelle-Aquitaine. La ville de Charente-Maritime veut inciter les propriétaires à mettre leur bien en location et réduire la tension sur le marché locatif et va, en ce sens, instaurer une taxe pour tous les logements inoccupés depuis au moins deux ans dès le 1er janvier 2027. Et attention, car la majoration de la taxe pourra atteindre 50%. «On l’a mise d’entrée au maximum», explique le maire Bruno Drapron.
9% des logements vacants à Saintes
L’édile, qui refuse de parler de «taxe punitive», considère que le but est d’«inciter celles et ceux qui auraient des biens qui ne mettraient pas en location, de le faire, soit de les vendre pour que quelqu’un d’autre le fasse». A Saintes, le problème semble réel. Selon France 3, 9% des logements sont vacants dans la ville, et cela a des conséquences sur le marché locatif. Il y a actuellement 1 600 demandes de logements sociaux en attente et il faut en moyenne 24 mois pour obtenir un logement. Une telle taxe pourrait ainsi être efficace selon les bailleurs.
«50 % de la demande est concentrée sur des petits logements T1, T2. Donc si les logements des propriétaires qui veulent le remettre en location sont des petits logements, forcément ça va libérer, nous permettre de proposer ou en tout cas de diriger ces demandeurs vers le parc privé», explique au micro de France 3 la directrice générale déléguée de la Semis, Nathalie Castaing-Couraud. Le maire évoque aussi le problème des personnes venant travailler dans la ville et qui ne peuvent pas se loger.
Une mesure «punitive» pour la Chambre des propriétaires de Charente-Maritime (17)
«Je considère que lorsque l’on aura tous les logements disponibles, que quelqu’un qui arrivera en logement la semaine d’après, on ne sera pas en zone tendue, mais ce n’est pas le cas aujourd’hui», ajoute Bruno Drapron. Evidemment, la taxe ne plaît pas à tout le monde. La Chambre des propriétaires de Charente-Maritime considère notamment qu’imposer une telle taxe est un «raisonnement simpliste» et que cela ne permettra pas de «résoudre la taxe locative». Son président plaide pour des «mesures incitatives et non punitives».
** Source: ApprofonLire avec le site de Capital
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